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Comment reconnaitre la qualité d'un jeans ? (1/2) Comment reconnaitre la qualité d'un jeans ? (1/2)

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Comment reconnaitre la qualité d'un jeans ? (1/2)

Qu'est-ce-qui fait la qualité d'un jeans ?

L’invention du jeans date de la fin des années 1800, en Californie, lorsque le tailleur Jacob Davis, fabricant de vêtements de travail, crée un pantalon renforcé par des rivets en cuivre dans les coins de poche supérieurs. Persuadé de l’utilité de cette invention, il sollicite un fournisseur de tissu (Levi Strauss) pour breveter et exploiter cette idée. Le brevet fut déposé en 1873 par Jacob Davis et Levi Strauss & Company :

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Ils décidèrent d’utiliser une toile de coton française assez lourde, importée de Nîmes, pour fabriquer un vêtement de travail résistant au quotidien des ouvriers des chemins de fer, du bâtiment, aux miniers, aux bûcherons… Puis vient la coloration de ce tissu en bleu grâce à de la poudre d’indigo provenant de Gênes. De cette histoire raccourcie, nous retrouvons l’origine des termes “denim” (de Nîmes) et de “blue jeans” (bleu de Gênes).

Le tissu denim

Le denim possède un tissage que l’on connaît bien puisque nous évoquons souvent à la boutique lorsque l’on parle de tissus de chemises : le twill ou armure serge.
Lors du tissage, le fil de chaîne teinté d’indigo va croiser dessus/dessous le fil de trame (de couleur naturelle). Le fil de chaîne va plus souvent croiser par dessus le fil de trame, c’est pourquoi le tissu est bleu sur l’endroit, et blanc sur l’envers. En général, le denim est un twill dit 3x1 car 3 fils de chaîne chevauchent un fil de trame.

chainstitch selvedge denim

Le selvedge, un denim ancré dans le temps

Considéré comme plus rare aujourd’hui, il fait référence à une méthode de tissage traditionnelle. Jusqu’au milieu du XXe siècle, tous les jeans fabriqués étaient des selvedge car ils étaient fabriqués sur des métiers à tisser à navette.

La navette, c’est un petit élément qui va diriger le fil de chaîne d’un côté à l’autre de la machine en travers des fils de trame. Ce va et vient de la navette est réalisé sur des machines à petite largeur (75 cm). Le nom selvedge vient quant à lui du fait que les bords soient terminés par un liseré évitant ainsi que le tissu ne s'effiloche (selvedge en contraction de self finished edge).

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A gauche, une navette traditionnelle qui va opérer de multiples va-et-vient pour tisser le tissu dans la largeur.

À l’origine, les filatures se servaient du liseré blanc et coloré pour distinguer les qualités de rouleaux pour leurs différents clients. Le selvedge emblématique et historique est le fameux red-line de Levi’s. Il provient d’une époque précise débutant en 1927 lorsque l’usine White Oak de Cone Mills produisait en exclusivité une qualité de denim extra lourd et robuste pour Levi’s. Elle le différencia par un liseré blanc et rouge qui était considérée comme la meilleure qualité produite par l’usine de denim, que les collectionneurs considèrent encore aujourd’hui comme la référence en terme de qualité, jamais égalée depuis.
Aujourd’hui, ce n’est plus signe de cette exclusivité et les filatures utilisent principalement le liseré rouge en référence à la dominance du marché par Levis à cette époque.

Dans la coupe du tissu, le liseré est utilisé pour délimiter la longueur de chaque jambe et vous pourrez donc le remarquer en retroussant le bas d’un jeans.

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Sur nos selvedge, nous utilisons le liseré le long de la jambe, le coin poche monnaie et celui de la poche arrière droite.

Avec la demande croissante de denim dans les années cinquante, les métiers à tisser traditionnels de 75 cm de large ont été surpassés par des métiers à tisser sans navette. En supprimant l’aller-retour du fil par la navette, les métiers à tisser modernes gagnent en rapidité et peuvent proposer des largeurs de rouleau plus grandes (150 cm).

selvedge vs non selvedge

Le denim selvedge, moins adapté à la production de masse, est devenu plus rare. Cependant, s’il est produit dans les règles de l’art, dans une filature qui maîtrise la transformation du coton, le tressage en fil et la teinture, il offrira une qualité de fabrication bien supérieure avec un tissage plus dense et une finition plus intéressante, plus texturée. Il sera à privilégier si vous souhaitez un jeans de puriste, un classique à patiner.

Néanmoins, un selvedge ne veut pas forcément dire que le denim est premium, ou à l’inverse, un denim “moderne” n’est pas forcément de moins bonne qualité. Le selvedge, c’est surtout un signe d’une fabrication traditionnelle, qui devrait assurer que le tissu a été conçu par des artisans du denim. Si vous cherchez un jeans au toucher un peu plus soft, un bleu déjà délavé, d’autres couleurs que l’indigo ou un jeans plus confortable, le choix de denims réalisés sur des métiers à tisser sans navette devient plus pertinent.

Les filatures

Le selvedge a été préservé par une poignée de filatures préférant la qualité à la quantité. Mais l’industrialisation du vêtement et la mondialisation ont ébranlé de gros fabricants historiques. L’exemple le plus emblématique est celui de White Oak, plus grande usine américaine de denim, fournisseur exclusif de Levi’s pendant des années, qui a fermé définitivement décembre 2017 après des dizaines d’années de difficulté (pour un récit plus détaillé, cf. L’étiquette numéro 2, page 96).

Aujourd’hui, les filatures de denim de qualité ont besoin de rester à taille humaine car le tressage du fil et son tissage sur les métiers à tisser demande de l’attention et l’intervention de l’homme dans le processus.
Les filatures japonaises ont su tirer leur épingle du jeu grâce à la mise en valeur d’un métier artisanal et leur souci de produire une qualité élevée. De la même manière certains tisseurs italiens produisent encore une très belle qualité grâce à leur culture de l’industrie textile, leur savoir-faire sur la transformation du fil et leur maîtrise des métiers à tisser.

Pour notre offre de jeans personnalisés, nous avons choisi des filatures reconnues mondialement. Les filatures italiennes Candiani, Blue Selvedge, Olimpias, et la japonaise Kuroki.

Détails signatures d’un jeans

Ce qui fait la singularité du jean, c’est son processus de fabrication qui requiert une ligne de production dédiée avec des machines à coudre pour certains types de point, d’autres pour installer les rivets, et une maîtrise des lavages. Les fabricants de jeans sont souvent des spécialistes.

Les rivets et boutons

L’invention du jeans provient de détails assez singuliers. Ce qui l’a différencié pendant des années (car breveté par Jacob Davis et Levi Strauss & Co), c’est l’utilisation de rivets pour renforcer les poches des pantalons de travail. Le bouton central et ceux de la braguette sont aussi en métal afin de résister à l’usure. À notre époque, ils résistent également à la mode puisque si la fermeture à zip s’est répandue dans toutes les formes du pantalon, l’utilisation de la braguette à boutons est toujours d’actualité dans le jeans.

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Les coutures

Leur couleur est en général cuivrée sur les bruts indigo classiques. Les points sont assez espacés et doivent être renforcés par des “bar tack” (brides d’arrêt) : une succession de petits points de couture pour bien plaquer les poches contre la toile et solidifier les points sensibles.

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Mais la couture caractéristique, que l’on remarque moins, est ce que l’on appelle la couture en point de chaînette. C’est une couture dont le fil va sans cesse faire une boucle autour de lui-même après chaque point formant ainsi une succession de maillons d’une chaîne. Techniquement, ce type de point est légèrement lâche et apporte une sorte élasticité sur la longueur de la couture. On l’utilise ainsi dans l’ourlet du bas de jambe ou parfois à l’intérieur de la ceinture. D’un point de vue esthétique, elle va apporter un délavage de l’ourlet très distinctif : le ropping effect.

La couture en point de chaînette est légèrement lâche et créé un décallage entre les deux faces du denim replié. Lorsque le jeans s’use, on remarque que le délavage créé des petites vagues en biais : le ropping effect.

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Le patch

Le brand patch est un morceau de cuir ou simili cuir qui est le plus souvent placé sur la ceinture, au-dessus de la poche droite. Son but était initialement d’informer le consommateur sur la marque et la solidité du vêtement (pour en connaître son usage). Il est aujourd’hui commun d’y voir la taille du jeans, toujours en pouces. Lorsqu’il est en cuir, il va se patiner assez vite, se foncer ou avoir quelques traces d’usure si l’on utilise une ceinture par dessus.

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Le style du jeans

C’est aux alentours des années 50 que le jeans passe d’un vêtement de travail à un pantalon urbain. Son style ayant évolué pour être porté à la ville, ce sont les débuts du format 5 poches et doubles coutures que nous connaissons. Dès les années 60, il est propulsé dans la culture américaine par des stars populaires incarnant un esprit rebelle (merci Marlon Brando et James Dean).

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Alors que certaines coupes ont clairement défini une époque (on pense au skinny rock des années 80 ou au patte d’eph’ hippy dans les années 70), le jeans se décline aujourd’hui dans beaucoup de styles. Il permet à chacun d’exprimer sa personnalité ou un goût prononcé pour un univers.

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La coupe du jeans américain 501 est probablement celle qui définit le mieux la coupe classique, celle de nos jeans s’en rapproche avec un bas légèrement moins large et une taille un peu plus haute.

Straight cut - L’éloge du jeans à la coupe droite

Voici les raisons qui nous poussent à aimer cette coupe classique :

  •  Un montant assez haut qui permet de porter le pantalon au-dessus des hanches. La silhouette est élancée grâce à une belle longueur de jambe soulignée par le montant de la taille.
  • Une ceinture et un bassin ajustés, pour que le pantalon tienne bien même sans ceinture.
  • Une jambe droite n’est pas slim : la cuisse est confortable et vous pouvez marcher sans que le pantalon paraisse cintré. Les plis ne marquent pas trop derrière les genoux évitant aussi que le pantalon ne “poche” sur le devant.
  • Une jambe droite n’est pas large, lorsque vous vous asseyez, vous remplissez ce qu’il faut à la cuisse sans que cela ne tire sur les coutures.
  • Un bas de pantalon qui ne vient pas ajuster le mollet, c’est souvent plus heureux qu’un jeans slims aux mollets serrés. Laisser la jambe droite tomber avec un bel aplomb permet de mieux maîtriser le bas de pantalon : légèrement tombant sur la chaussure, porté un peu court ou bien retroussé.
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La taille peut être portée haute, le bassin est ajusté mais le reste de la jambe est droit.

Opter pour un jeans straight cut et une jambe non cintrée, c’est aussi un gage de durabilité : le tissu est soumis à moins de tension et votre jean tiendra plus longtemps. Vous pourrez alors le porter pendant quelques années grâce à un style indémodable, profiter de son délavage et de la patine que le temps va lui donner.

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